Tribune : Cher GRAND Peuple Guinéen

De mon Sénégal natal, recevez mes sincères salutations, à toute la Guinée, mes origines. En 1958, vous avez, seuls, dans les colonies francophones, osé dire « merde » à De Gaule. Fierté guinéenne, pays de dignes fils, d’eau, de fruits et de montagnes. Depuis belle lurettes, nos deux pays, voisins, sont liés la terre, l’air et les peuples. Aujourd’hui, je salue le combat que vous menez contre le changement de la Constitution.

De mon pays, vous avez tout mon soutien. C’est pourquoi, on a marché ici aussi, pour dire « Amoulanfé », non au changement constitutionnel et non au 3ème mandat, de trop. Un faux pas, à ne pas forcer, comme Abdoulaye Wade en 2012. C’est pour cela que, quand j’ai appris que M. Bah Oury serait à Dakar, à la marche, j’ai quitté Ziguinchor pour aller à sa rencontre, lui manifester mon amitié et marcher à ses côtés.

La marche, organisée par la société civile sénégalaise, a été une réussite totale, à tout point de vue. La police a bien encadré la marche, les participants ont marché tranquillement et les médias ont fait leur travail sans complication. M. Bah Oury était l’une des attractions des médias. Seul opposant guinéen présent, il était le « bon client » des journalistes qui l’ont posé des questions auxquelles il a répondu.

Cependant, à la fin de la marche, un groupe de jeunes et d’adolescents ont voulu s’attaquer à M. Bah Oury, l’accusant de traitrise et de couardise. Nous avons donné l’alerte sur les intentions de ces badauds et un cordon de sécurité a été établi par la Police, nous permettant de marcher environ trois cent mètres et rejoindre l’hôtel. Il a essuyé des hués. Ils criaient Cellou Dalein Diallo. Le lien est donc établi. Ils ont été instrumentalisés.

Que les deux ne s’entendent pas, je le savais et c’est normal en politique. Même dans la religion, il y a des adversités. Mais de là à transférer leur combat au Sénégal, à travers des adolescents qui n’ont pour la plupart pas de cartes d’identité nationales ou cartes d’électeurs, je trouve ignoble et irrespectueux de la part de l’Udfg. Inculture politique, haine, expression d’une peur vis-à-vis de Bah Oury ? Allez savoir.

Dimanche soir, j’ai lu un post d’un guinéen, sensé intellectuel, qui se réjouissait de cette tentative agression. Que l’UFDG instrumentalisent de jeunes badauds et des adolescents pour s’attaquer à un leader politique pour avoir osé venir marcher librement aux côtés des sénégalais et d’autres africains contre un changement de la Constitution et s’en féliciter ? J’étais scandalisé par le propos de Sadio Barry que j’appréciais.

Pour lui, Bah Oury a été victime d’une supposée inconstance politique. Soit ! Et puis, même Mouhammad (saws) a été hué et a reçu des projectiles dans les débuts. Ce n’est pas Bah Oury qui va échapper à une critique. Mieux, l’Ufdg a raté une bonne occasion. Car pendant qu’ils le huaient, il avait déjà parlé à la majorité de la presse sénégalaise et étrangère présente à la marche. C’était l’essentiel, si c’était juste pour marquer des points.

Je me suis posé des questions. En quoi Bah Oury les empêche de dormir au point de vouloir s’en prendre à lui ? Expression d’une peur ? Pourquoi vouloir empêcher Bah Oury de marcher pour dire non à un changement de la Constitution ? Qui sont-ils pour l’en empêcher ? Moi, je suis sénégalais et je revendique mon amitié à Bah Oury. Tant que je vivrai, il peut compter sur mon soutien, assumé.

Par ailleurs, ce qu’il y a à retenir, c’est que pendant que ces jeunes huaient Bah Oury, d’autres militants de l’Ufdg étaient contre cette pratique et se sont dressés en bouclier à côté de la Police sénégalaise. Cela montre que tout le monde ne partage pas la manière de faire des instigateurs de cet incident. Certains sont rentrés dégoutés par le comportement de ces jeunes, et donc avec une mauvaise image de Cellou Dalein Diallo.

Ces jeunes, pour la plupart, n’ont ni actes de naissance ni carte d’électeurs. Ils ne constituent nullement une menace politique contre Bah Oury. Ce qui aveugle certains adversaires de Bah Oury, c’est la confusion entre adolescents drogués, ivres sans identité et une base politique. Je parle en tant que Consultant en Marketing politique qui scrute et analyse une « image » d’une personnalité politique. Cellou a fauté politiquement.

De loin, sur les réseaux sociaux, vous (Ufdg) pouvez crier victoire mais vous en êtes plutôt les victimes. Ceux qui ont vu et compris ce qui s’est passé sont rentrés avec une mauvaise image de Cellou. Vous rendez un grand service à Bah Oury sans le vouloir et savoir. Les médias ont retenu que les partisans de Cellou Dalein ont voulu s’attaquer à Bah Oury. Je vous laisse apprécier les analyses qui seront faites.

A ceux qui accusent Bah Oury d’avoir déserté la rue guinéenne et les vraies motivations de sa venue à Dakar, je réponds que Bah Oury est venu répondre à une invitation de la société civile sénégalaise qui a organisé cette manifestation pour les peuples Guinéen et Comorien. La réalité, c’est que le FNDC qui a voulu intimider M. Bah, n’est qu’une branche mal cachée de l’UFDG. Des jeunes ont été arrêtés par le Police sénégalaise, attendons la suite.

A ceux qui l’accusent d’être contre le Fndc, je conteste. Il n’est pas contre le Fndc, il est contre la transformation des jeunes guinéens en chair de canon. Qui gagne quoi dans ces vies perdues sous les balles, de je ne sais quelle provenance ? A la place de leurs parents, amis ou frères, vous n’aimeriez pas les voir mourir de cette manière. Les jeunes ont leur place dans les bureaux de vote, pour cela, ils doivent être vivants.

A ceux qui l’accusent de trahison, je conteste. Même en religion, il y a des choix. Sunnites et Chiites s’affrontent. Ça a été le cas entre Irak et Arabie Saoudite et présentement Arabie Saoudite et Yemen. Mais après ils se retrouvent à la Mecque et à Médine pour le Hadj la Oumra. Pourquoi tout le monde doit suivre le Fndc dans la rue ? Où est la Liberté de choix ? Ou bien vous voulez imposer vos positions et idées à toute l’humanité ?

Pour eux, c’est à la George Bush Junior : « tu n’es pas avec moi, tu es ennemi ». Soyons un peu lucides et ouverts. La pensée unique n’existe pas, même dans les régimes dictatoriaux. Il y’en a qui se taisent pour sauver leur vie mais pas parce qu’ils cautionnent. D’autres s’en vont ailleurs pour protester. Les États-unis sont nés de la protestation contre l’église anglicane. Les pères fondateurs de l’Amérique sont parfois de la Grande Bretagne.

Mon propos n’est pas de prendre part pour Bah Oury et enfoncer Cellou Dalein. J’essaie de participer, humblement, à la sensibilisation de certaines personnes. Il faut qu’elles comprennent qu’il ne sert à rien de s’inscrire sur un registre de confrontations permanentes avec des morts inutiles. Elles doivent savoir qu’il n’y a qu’une SEULE République de Guinée dans laquelle tous ses enfants doivent vivre, ensemble, malgré les malentendus inhérents à l’être humain.

Elles doivent refuser de servir de bras armés d’une certaine catégorie de personnes qui mènent une vie de pacha, dont les enfants ou la famille sont à l’étranger. L’intelligence et la responsabilité doivent prévaloir. La tâche ne sera pas facile mais on va le poursuivre. Mouhammad a rencontré des hostilités au début de l’islam. Il a poursuivi le travail dans la douleur et la patience. J’espère qu’ils vont se ressaisir et servir la Guinée dans la paix.

Pour moi, il y a des combats à mener, ailleurs, avec d’autres priorités. C’est d’aider les individus qui n’ont pas de documents administratifs d’identification nationale à se déclarer et disposer de ces documents. Encadrer ces gens à avoir une pièce d’identité. Aider ces personnes à s’inscrire sur les listes électorales. Se battre pour la transparence du fichier électoral. Former ces gens sur comment bien voter. Voici les défis à relever.

Mamadou Lamine BA, Journaliste et Consultant en Marketing Politique

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