Procès du 28 septembre: Dadis doute t-il du « comité de pilotage »?

Alors que personne ne présageait pratiquement une telle avancée dans ce dossier parmi les plus brûlants de la dernière décennie en Guinée, le Ministre de la justice a pris un acte qui donne une lueur d’espoir aux  centaines de victime de ce massacre. Le « comité de pilotage » chargé d’organiser le procès a tenu sa première réunion le 1er juin à Conakry, après avoir été mis en place la veille.

Divers acteurs s’y côtoient :  représentants de la société civile, membres des forces de sécurité, magistrats, représentants de l’ONU, de l’Union européenne, des ambassades de France et des Etats-Unis. Missions assignées au comité : organisation matérielle et technique du procès, recherche des fonds pour sa tenue et pour indemniser les victimes, choix du site qui va l’abriter, sécurité de tous les intervenants.

C’est justement cette composition qui inquiète Dadis Camara, l’ancien chef de la junte en Guinée. L’avocat de l’ancien Président du Conseil National pour la Démocratie et le Développement compte engager une bataille contre le Ministre de la justice qui a signé un arrêté portant mise en place de ce comité. Maître Jocameh Haba dénonce la présence dans ce comité de l’Union Européenne et des Etats-Unis. A son temps fort, Dadis Camara et certaines institutions et pays étrangers étaient à couteaux tirés. Dadis craint-il de devoir payer pour avoir savonner l’ex représentant de l’Union Européenne en direct de la télévision?

Malgré les assurances du Ministre de la Justice garde des sceaux que nul ne pourra influencer les magistrats qui vont juger l’affaire du 28 septembre, l’avocat de Dadis Camara reste sur sa faim. Aujourd’hui il envisage de passer à la vitesse supérieure. Maitre Jocamey Haba  a indiqué qu’il étudie l’éventualité d’attaquer devant la Cour Suprême l’acte qui installe le comité de pilotage.

Près de neuf après le massacre du 28 septembre 2009, les victimes attendent toujours justice. Près de 500 victimes ont été entendues par le pool des juges d’instruction. Une dizaine de personnalités civiles et militaires inculpées dans ce dossier ont été renvoyées devant le tribunal criminel pour être jugés. Moussa Dadis Camara qui clame son innocence dans cette affaire, ainsi que plusieurs autres hauts responsables de la junte sont attendus devant les juges. Mais aucune date n’est annoncée pour le moment pour l’ouverture du procès.

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