Hydrocarbures : le Cameroun a perdu 374 milliards FCFA de recettes en 2017

(Agence Ecofin) – En 2017, le Trésor public camerounais a été privé d’au moins 374,6 milliards FCFA de recettes dans le secteur des hydrocarbures. C’est ce qui ressort des rapports réalisés par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et le ministère des Finances (Minfi).

Deux principales causes sont à l’origine de cette perte de revenus pour l’Etat. Il s’agit des dépenses fiscales et des « engagements de la SNH », constitués des dépenses dites « associatives » et des « autres engagements ».

Exonérations fiscales

L’étude sur la dépense fiscale, réalisée par le Minfi, évalue le coût des mesures fiscales dérogatoires accordées aux entreprises et aux ménages au titre de l’exercice 2017 à 605,7 milliards FCFA, soit 23,4% des recettes fiscales non pétrolières mobilisées et 3% du produit intérieur brut (PIB). Et les premiers bénéficiaires de ces amabilités sont les sociétés pétrolières et gazières. Elles ont bénéficié d’exonération d’impôts d’une valeur de 196,8 milliards FCFA.

Le gouvernement explique que cette manne fiscale est destinée « à favoriser la prospection et l’investissement dans le secteur pétrolier et gazier ». Mais cet abandon de ressources qui pourraient servir au financement de certains projets sociaux, laisse plusieurs analyses sceptiques.

A titre de comparaison, ces exonérations représentent le triple des dépenses fiscales consacrées à l’accès aux services de santé, à la promotion de la production agropastorale et de la transformation locale du bois, à la facilitation de l’accès à l’électricité, l’eau potable et l’éducation, au développement du logement social et d’autres types de services sociaux.

Le Fonds monétaire international (FMI), avec qui le Cameroun met en œuvre, depuis juin 2017, un programme d’ajustement économique, questionne aussi ce choix du gouvernement. « Les exonérations fiscales demeurent élevées et il faudrait s’y attaquer résolument à compter du budget 2020, tout en veillant à continuer de protéger les populations pauvres et vulnérables », recommande l’institution, dont une équipe vient de séjourner à Yaoundé dans le cadre de la 5e revue dudit programme.

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